Noémie Lettoli

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© Gaëtan Tracqui

Un espace occupé par Noémie Lettoli sonne comme une partition du vide. L’espace est ainsi découpé, brassé, activé par de petits instruments métalliques qui viennent comme cela révéler les interstices qui le ponctuent. Ainsi, les suspensions de Noémie Lettoli créent une symphonie entre elles révélant la présence de chacun des spectateurs. Les espaces-temps se perçoivent, et les silences sont scandés par de petits sons métalliques, qui semblent ainsi agiter les atomes invisibles qui constituent le vide. 

GRAVITATING MIRRORS Installation mobile - Miroirs, structure en médium, câble métallique, 2017. 

Mélodie Charrier

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© Gaëtan Tracqui

De la 2D à la 3D, ou de la 3D à la 2D, il s’agit d’un aller-retour constant entre ces deux niveaux de perception, dans le travail de Mélodie Charrier. L’artiste semble créer des ambiances aux fondus entre couleurs et matières, entre le plan et le volume, amenant le spectateur à en perdre ses repères, et donc dans la confusion peut-être d’accéder à une nouvelle épaisseur, telle « ses paradis perdus » ?

Mélodie Charrier aime donc perdre son regardeur, pour ainsi l’amener à pénétrer dans une nouvelle réalité, la sienne. Son univers est un mélange entre ses souvenirs de son voyage en Inde, des visites des temples sacrés, des cathédrales, du surréalisme, des formes archaïques et éléments naturels, Mélodie Charrier ne se pose pas de limites aux niveaux de ses inspirations. En effet, si l’on remonte à l’étymologie du terme d’ « inspiration », il signifie, « une impulsion d’origine divine ou surnaturelle », et si Mélodie Charrier souhaitait tout simplement effacer cet espace entre réalité et réalité « virtuelle » qui sépare aujourd’hui ces deux états ?

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SANS TITRE Peinture - Bâche plastique, cire et peinture acrylique, 2018.

Anna L'hospital

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© Jason Alves

JE T’AI DANS LA PEAU : Anna L’Hospital s’empare des corps en captant leur peau avec le plus souvent du scotch et de la mine de plomb ou en la réduisant en poudre à l’aide de scies. Et s’il ne restait plus que la peau, l’enveloppe, et s’il restait encore la peau, l’enveloppe ; c’est selon. Je me surprends à penser à l’expression Je t’ai dans la peau avec une acuité nouvelle. Je l’entends maintenant au pied de ses lettres. Acte de possession, de prédation, elle ne retient que la peau du corps pour mieux le contempler, en garder des traces, des allures, des postures ; corps de la chaise, du bureau, de la table, du bidon soudain rendus lâches. De ces corps recouverts de scotch, noirci à la mine de plomb ou de graphite, devenus feuilles froissées accrochées au mur ou de ce bidon strié à la scie, se vidant de sa poudre de plastique dispersée au sol, l’émotion est palpable, visible. Pendus ou couchés plus qu’accrochés, ils ont vécu et n’en sont pas revenus. Rentrée chez moi, les meubles retrouvent leur poids, leur solidité mais je les sens plus proches, plus familiers, dotés d’un supplément d’âme.

JE LUI AI FAIT LA PEAU I; II; III Dessins in-situ - Scotch marouflé et mine de plomb, 2018. 

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Alice Tariant

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© Gaëtan Tracqui

Alice Tariant est une artiste de l’imprégnation, c’est coupée de ce qui l’entoure, seule dans la nature que ses sens se mettent en éveil et se focalisent sur un motif. Alice Tariant capte ce qui échappe au contrôle de l’homme et dérape vers des réactions animales, voir bestiales. C’est par le biais de l’œil vidéographique qu’elle s’approche tel un prédateur de sa proie, préférant utiliser des plans saturés, lents, et rapprochés. Au travers des œuvres d’Alice Tariant, on a l’impression d’avoir le souffle coupé, et d’être comme cela en attente de quelque chose que l’on ne peut identifier seulement que vers la fin. 

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SCULPTER Vidéo couleur - 7 min 42, 2016. 

Camille Bruat

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© Gaëtan Tracqui

A l’instant où Camille Bruat pose sa première mine de crayon sur une feuille, elle se laisse dériver dans les espaces urbains. Ce sont les traces du situationniste Guy Debord qu’elle suit dans son travail. Cet écrivain souhaitait amener ses lecteurs à renouveler leur chemin pour ainsi changer leur point de vue sur les situations urbaines qu’ils rencontraient. Ainsi, cette jeune artiste marche, elle semble remonter inlassablement les traces de son passé, pour ainsi revenir aux premières marches qu’elle a partagé avec son père lorsqu’elle était enfant. Camille Bruat est très attentive à son corps dans l’espace, ce sont ses efforts qui déterminent ses tracés à venir. Par exemple, c’est de par son inclinaison dans la montée d’une ruelle raide, ou bien une envie de rebrousser chemin qui déterminera la future bifurcation de son trait… C’est In-situ qu’elle retrace son cheminement par la soudure de barres métalliques, de la même manière que Thésée remonte le fil d’Ariane pour sortir du labyrinthe victorieux, afin d’en épouser la déesse. 

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ARTERES DE LA MINOTERIE Sculpture - Tiges métalliques vides soudées et peintes,

dimensions variables, 2018. 

Fleur Blume

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© Jim Browski

Telle une maille qui se tisse peu à peu, le dessin de Fleur Blume est un enchevêtrement de traits qui semblent ne faire qu’un, et qui petit à petit couvrent la surface du mur. Fleur Blume aime être en symbiose avec son trait, elle aime tracer avec énergie, et que son dessin ne soit le résultat que d’un seul jet. Ce jet se fragmente sur la surface du mur, brouillant au départ notre vision, mais laissant place bien vite à une figuration mentale de son imaginaire. Déroulé de son trait, les arbres et motifs végétaux germent dans l’espace d’exposition.

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BLACK FOREST Fresque - 12m x 4m5, 2018